vendredi 19 octobre 2012

L'erreur s'improvisant bénédiction

Il y a quelques jours au matin, je me prépare à sortir de chez moi pour la journée. Je rassemble ainsi ce dont j'aurai besoin, dont mes manuels de japonais, ma gourde d'eau remplie, un chandail en cas de temps froid, une collation. Je suis fin prêt si ce n'est que mon trousseau de clés manque à l'appel.

Je ne m'énerve pas inutilement. Il me reste encore un peu de temps, alors je cherche comme du monde. Rien à faire. Même après quelques minutes, l’absence confère à mes clés une certaine brillance.

Je me rabats sur mes clés de rechange. Il ne s'agit pas là d'une situation idéale, mais ma journée n'est pas ruinée pour autant et, en retraçant mon parcours de la vieille, je suis à peu près persuadé que les disparues languissent à quelque part dans mon foyer. Où exactement, c'est ce que j'ignore.

Après deux jours d'usage des clés d'urgence, hier soir en me penchant pour ramasser un objet au sol j'aperçois le trousseau truand, dissimulé sous mon micro-ondes. C'est là qu'il se terrait!

Ce matin, me servant de mes clés rescapées pour verrouiller mon logis et libérer mon vélo, je me rends au travail. Sur place, je me dévêtis de mon attirail cycliste pour enfiler chemise, cravate et pantalons, l'uniforme de rigueur.

Si, en temps normal, la besogne terminée je rentre directement au bercail, aujourd'hui j'ai rendez-vous avec ma copine à Roppongi, pour assister à l'exposition d'un mangaka de renom. Comme je dois m'y rendre le plus vite possible, je ne me change pas et j'y vais en métro, quitte à laisser mon vélo devant l'école pour la nuit.

Je suis presque arrivé lorsque la réalisation, soudaine et terrifiante, me fait tressaillir : mes clés sont dans mon short de vélo, resté au travail! L'école est fermée, que faire? Devrais-je dormir à l'hôtel ce soir, et enseigner dans les même fringues demain? Oh non!

Attends un peu... Ah, oui! Je saisis mon portefeuille, j'en ouvre la pochette centrale. Par miracle s'y trouvent mes clés de secours, que j'avais omis de ranger après avoir retrouvé leurs homologues usuelles. Quelle chance!

L'esprit apaisé, je m'en vais rejoindre ma copine, heureux qu'une situation potentiellement misérable, grâce à une bévue banale, ait connue un dénouement agréable.

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