mardi 15 mars 2011

Deux heures

Le Shinkansen, le train rapide, a quitté la gare de Nagoya, où je suis monté à bord, il y a environ 25 minutes

Si le train m’ayant mené tôt ce matin de Nagoya à Tokyo était presque vide, alors que les nouvelles n’étaient pas encore alarmantes, celui là est bien plein, les passagers dépassant le nombre de sièges disponibles.

En tout, je suis resté deux heures dans cette ville à 350 km à l’ouest de Tokyo.

Deux heures pour prendre un café et manger une bouchée en cherchant une auberge de jeunesse proche.

Deux heures pour me rendre à l’auberge, en confirmer la disponibilité, puis recevoir un message de mon ami Alain annonçant qu’il déménageait sa famille à Hiroshima, beaucoup plus loin, où habite son pote Félix. Deux secondes pour décider d'aller les y rejoindre.

Deux heures pour comprendre que, tenant compte du fait que l’accident nucléaire de Fukushima ne cesse de s’aggraver et que le vent souffle maintenant de la centrale vers Tokyo, 350 kilomètres à l’ouest de Tokyo, ce n’est pas assez loin pour s’offrir une tranquillité d’esprit.

Et deux heures pour me rendre à l’évidence qu’en cas de crise, la meilleure chose à faire est de se rassembler en lieu sûr avec des proches.

Ces proches, j’ai hâte de les serrer dans mes bras.

2 commentaires:

Davidoff a dit...

Misère Julien.
Bien content de te savoir en vie, quoique ça ressemble davantage au mode survie, en tous cas vue d'ici avec la tranquilité d'esprit que nous offre le Bouclier canadien et les centrales hydroélectriques...

N'y a-t-il pas un quelconque scientifique japonais qui aurait réellement inventé le rapidotron?

Même si ça peu par moment échapper à ton contrôle, sois prudent et continue à nous donner des nouvelles.

幸運を祈る
Davidoff

Julien a dit...

Je dirais qu'il s'agit plus du mode précaution et prévention. Ce sont ceux des zones sinistrées qui sont en mode survie.

Je suis content en tous cas d'avoir décidé de quitter Tokyo un temps...