mercredi 26 juin 2013

Philippines jour 3 : île-en-île, ou mer amère


Cinq heures trente du matin. De la douche, je perçois des voix qui parlent, dont celle de mon frère. Le rendez-vous matinal relatif à notre tour des îles n’est pourtant prévu que pour six heures. La douche terminée, mon impression est confirmée : nos guides de la journée étaient prêts à nous accueillir dès cinq heures trente!

Nous embarquons sur une sorte de pirogue à moteur dotée de part et d’autre de longs bambous faisant office de stabilisateurs. Y naviguent et nous serviront de guides Severino and Terso Ramos, qui sont cousins, 
que l’on devine membres de la famille élargie de Zing. 

L’île-en-île commence plutôt mal lorsque, au moment de me déplacer pour nous faire prendre en photo au devant de l’embarcation, mon petit ouvre-bouteille en forme de batte de baseball se coince entre deux lattes du siège, ce qui brise l’anneau qui le relit au reste du porte-clés. Lui et surtout ma clé d’appartement tokyoïte sombrent ainsi dans la mer. Problème qu’il faudra régler à mon retour, et pour lequel dans l’immédiat je réussis tout de même à ignorer pour profiter de la journée.

Vers sept heures, nous accostons sur l’île de Balicasag, plate, minuscule, et aux habitants éleveurs de porcs et de volailles. On nous offre café, bien sûr payant, que nous acceptons volontiers. On nous en apporte un chaque, mais déjà sucré et crémé, ce qui nous déçoit en tant que buveurs de café noir. Là n’est pas notre seule surprise : alors que Zing n’avait pas fait mentionné de frais supplémentaires aux 2 000 pesos mentionnés la veille pour le tour complet, les habitants de l’île nous indiquent que l’accès au site, les services d’un guide et la location de masque, tuba et palmes reviennent à 500 pesos de plus par personne. Sur cette petite île, nous nous sentons pris, floués. Nous tentons de négocier à la baisse, mais vainement, car on prétexte que les palmes et les masques n’appartiennent à deux propriétaires distincts, ce qui n’est que mensonge, mais à la fois frustrés et résignés, nous finissons par accepter ces quelques 25 $ supplémentaires à la journée.

L’amertume passée, nous éprouvons beaucoup de plaisir à faire de la plongée en apnée dans un secteur riche en poissons de toutes sortes, au large d’un récif s’enfonçant dans les profondeurs. D’emblée, je ne parviens pas à aller très creux, mais à la longue je remarque une nette progression, tant dans la profondeur atteinte que la durée d’immersion, et même dans ma capacité à remonter calmement à la surface, par grands mouvements détendus plutôt qu’en me démenant par besoin d’oxygène.

De retour au village où le café est infect et l’arnaque de mise, nous remontons à bord du vaisseau de Severino et Terso et nous nous dirigeons vers l’île Pungtud, aussi appelée Île Vierge. À notre arrivée, nous sommes surpris de constater que non seulement ce banc de sable aux quelques cocotiers que l’on nomme île est privé (appartenant, selon les nombreux écriteaux en établissant la propriété, à un certain Ramon E. Rodriguez et à sa femme), mais qu’il est interdit d’accès, en vue d’en empêcher la dégradation. Décidant d’esquiver les nombreux vendeurs d’oursins, de noix de coco et autres, nous décidons de simplement en faire le tour, en suivant la clôture qui la ceinture. J’en profite pour ramasser les détritus qui sont à ma portée.

L’heure est au retour à Panglao, lieu de notre hôtel. Les deux cousins Ramos nous y déposent, nous les remercions, je leur laisse le sac contenant les vidanges récoltées aux abord de l’île pas très vierge. Il n’est pas midi, notre journée d’activité est déjà terminée, ne reste plus que la plage, la détente, la restauration, et peut-être un peu de boisson. On aura vu pire dans nos vies respectives, et voilà la deuxième des deux leçons acquises aujourd’hui : les journées s’allongent lorsqu’on les commence tôt. La première : se méfier des frais cachés, qui ont le don de se dévoiler sur les îles porcines et autres lieux isolés.

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