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dimanche 24 février 2013

Hokkaido jour 5 et fin – Aéroporté

Hokkaidō la nuit

 Je me suis rendu compte que mon entrée d'hier annonçant la fin de mon voyage, rédigée tard et dans laquelle je me contentais d'une photo préalablement publiée sur les réseaux sociaux, en prenant toutefois la peine d'en engraisser la légende, aurait plutôt dû avoir pour objet ma dernière journée de voyage. Rendons-lui justice, à elle qui a su couronner une escapade comme il fait bon s'en accorder à l'occasion.

Je sors en catastrophe de l'hôtel. Ma nuit revenait à un peu moins de quatre mille yens, mais l'aubergiste se mérite un pourboire de deux cents yens environ, trop pressé que je suis à attendre qu'il m'apporte la monnaie. Même en vacances, j'ai tendance d'une part à sousestimer le rythme d'écoulement du temps, et d'autre part à surestimer ma productivité dans l'accomplissement des tâches.

J'accours vers la gare, sachant très bien que m'attend ainsi une surchauffe corporelle une fois installé, haletant, dans le train. Je finis par prendre place quatre ou trois minutes avant le départ, une marge heureusement plus importance que mes appréhensions.

J'ai en main un billet qui doit m'apporter à la gare Kanayama, à moins d'une trentaine de minutes au sud, dernier point de contact entre la ligne Nemuro, qui ensuite diverge vers le nord-est, s'éloignant ainsi de l'aéroport Shin-Chitosé, et la route nationale 237.

Eau courante en sus

Déposé à cette gare, je commence par me brosser les dents, tant pressé par le temps que je n'ai pu le faire à l'hôtel. C'est en constatant qu'il n'y a pas d'eau courante pour me rincer la bouche que je comprends dans quel trou perdu je suis tombé. Les seules personnes que j'y vois sont trois employés des chemins de fer, qui s'en vont déblayer un quelconque tronçon peu après mon arrivée. En les observant s'éloigner, je ne peux m'empêcher de penser à Blanche-Neige et les sept nains. Lequel d'entre eux est Grincheux?


Je me dirige vers l'emplacement d'autostop prévu, tout près. Je remarque pour la première fois le silence qui règne. Les véhicules, il n'y en a pas. Je gravis le banc de neige s'érigeant au coin de la route nationale et du petit chemin menant à la gare. De l'autre côté de la rue, un homme s'affaire à pelleter, d'abord le toit de sa remise, puis celui de sa maison. Une dame que je devine être sa mère vient l'épauler peu de temps après.

Mère et fils, ennemis de la neige

Je sens qu'ils m'observent, intrigués par l'énergumène juché en bord de route tenant de ses mains gantées un bout de carton. Au bout d'un moment, on se me met à discuter, et j'en profite pour leur clarifier ma raison d'être dans leur patelin. Je pousse ensuite l'audace jusqu'à demander au fils de me prendre un photo, ce qu'il ne fait pas très bien. J'ai beau leur offrir de l'aide dans le pelletage, ils m'assurent qu'ils pourront s'en charger fin seuls.

Si j'ai le temps de jaser et me faire photographier, c'est qu'elle est désertée, cette nationale. Un véhicule passe aux trois minutes à peine, et le plus souvent il s'agit de camionneurs, qui n'ont pas tendance à donner des coups de pouce aux pouceux.

Je me rends aussi compte qu'il fait plus froid que les autres jours, ou du moins telle est mon impression. Bien vite je ne sens plus mes pieds. Les mains aussi s'engourdissent, mais pas autant car entre chaque véhicule j'insère ma pancarte dans une poche de manteau et me réchauffe les doigts.

Après quarante-cinq minutes, je doute. Il est environ onze heures, ce qui me laisse une bonne marge avant mon vol de dix-huit heures trente, mais j'imagine des scénarios d'hypothermie et de vol manqué, rien de très sérieux mais assez pour m'occuper l'esprit.

Je me mets à la recherche d'autres options de transport. La plus simple consiste à monter à bord du prochain train vers le sud, quarante-cinq minutes plus tard, et de transférer à deux reprises pour arriver à l'aéroport vers quinze heures, au coût de 7000 yens, soit presque autant que j'ai dépensé en transport dans les quatre journées précédentes de mon voyage.

Je décide donc de poursuivre l'autostop, quitte à monter à bord du prochain train. Dix minutes plus tard, mon sauveur au bolide rouge me klaxonne qu'il vient d'arrêter. Je vais à sa rencontre à toute vitesse. Un vol vers Nagoya l'attend en milieu d'après-midi. Il m'invite à monter à bord. Essoufflé et les pieds gelés, je lui souris. Sur le pouce comme dans la vie, il suffit parfois d'une personne pour que tourne le vent.


vendredi 22 février 2013

Fini le périple


De retour au bercail, où je trouve que Tokyo manque de neige. Quelle belle escapade de pouce hivernal à Hokkaido. À refaire!

Viendra sous peu un récapitulatif du voyage, assorti de photos que je n'ai pas encore publiées, et de leçons tirées en vue des prochaines escapades du genre, en hiver comme par temps plus clément. Ce n'est que partie remise, et j'ai hâte de m'y remettre, en tout et partie!

jeudi 21 février 2013

Hokkaido jour 4 – Asahikawa

Content d'avoir été conduit par un expert du volant.

Comme chaque jour depuis le début de ce voyage, je suis pressé par le temps. Il est maintenant 8h42, et j'ai un train à 9h20. Entre-temps, je dois rédiger mon entrée quotidienne en la saupoudrant de quelques photos, finir mes bagages, régler l'addition de ma nuit à l'hôtel, me rendre à la gare, acheter mon billet et monter à bord du train qui me rapprochera d'un bon endroit pour faire du pouce jusqu'à l'aéroport, où m'attend l'avion qui me ramènera à Tokyo, à 18h30 ce soir.

Alors, laissons la pression me dicter la présente entrée.

Merci train, à présent le pouce.


Si avant-hier ne s'était pas très bien déroulé, c'était tout le contraire hier. Depuis Abashiri où j'avais passé la nuit, j'ai pris un train vers l'ouest jusqu'à Nishiyubeshide, dernière station avant que la ligne et la route que je voulais emprunter se séparent. Puisqu'hier était l'avant-dernière journée de mon court périple (et que donc aujourd'hui en est la dernière journée, diantre!), j'ai jugé bon d'écrire directement ma destination, Asahikawa, plutôt que l'habituel je parle japonais.

La stratégie a porté ses fruits presque sur-le-champ (ou sur-la-route): en moins de dix minutes monsieur Watanabe, de retour d'un voyage d'affaire, me faisait monter à bord.

Là où nous allions, le pneu à chaîne était de rigueur


J'ai été cueilli dans une région relativement plane, mais j'avais perçu en regardant la carte que des montagnes nous attendaient. Le terrain est effectivement devenu de plus en plus escarpé, culminant au col Sekihokutōge, de plus d'un kilomètre d'altitude. Malgré la neige et la poudrerie, Monsieur Watanabe et son bolide formaient un duo expert de la conduite hivernale.

Col au magnifique panorama enneigé, d'une altitude de 1 050 mètres.

Déposé ainsi avant les coups de seize heures à la station Asahikawa, le problème classique du pouceux s'est présenté. J'ai atteint ma destination. Il est encore tôt. Je ne peux que poursuivre ma route. Le temps de manger et boire dans un restaurant de la gare, ma destination suivante était décidée : Furano, ville aux nombreuses stations de ski, au sud d'Asahikawa et donc en direction de l'aéroport Shin-Chitosé pour mon vol demain, et accessible à bon prix au moyen d'une seule ligne de train.

Arrivé en un peu plus d'une heure, après m'être installé dans une auberge près de la gare, d'où j'écris ces lignes en regardant nerveusement l'heure, j'ai décidé d'aller me balader, histoire de profiter une dernière soirée de la belle neige d'Hokkaido. Ce faisant, j'ai rencontré deux sympathiques Australiens comme il y en des masses l'hiver en ces lieux, et ensemble nous avons célébré la fin de mon périple, en quelque sorte. Sur ce, je dois filer, devant m'acquitter d'une certaine fonction aéroportuaire de retour au bercail... 

mercredi 20 février 2013

Hokkaido jour 3 – Pas rondement

Abashiri, côte nord d'Hokkaido. Plus au nord et nous sommes en Russie. Je suis à environ cent cinquante kilomètres de Kushiro, où j'étais hier matin (mercredi), ce qui correspond à la distance parcourue il y a deux jours, de Shintoku à Kushiro. La comparaison s'arrête toutefois là, car s'il m'eut fallu que deux chauffeurs pour me rendre à Kushiro, mon parcours plus pénible jusqu'à ma présente destination a nécessité trois trains et un seul conducteur, qui ne m'a avancé que d'une vingtaine de kilomètres. Le pouce réserve toutes sortes de surprises, bonnes comme mauvaises.

Messieurs Burkholder et Jarvis, dépassant d'une tête leurs coéquipiers chinois

À Kushiro la soirée précédente, le Dragon de Shanghai aux trois joueurs canadiens s'était incliné par le compte de 5-3. J'aurais pu insérer "malheureusement" dans la précédente phrase, mais puisque l'équipe n'a pas connu la victoire depuis trois ou quatre saisons, "sans surprise" aurait probablement été plus juste.

J'espérais pouvoir passer quelques heures avec les gars après le match, le temps d'un bon souper peut-être arrosé de quelques verres, mais ceux-ci m'ont plutôt indiqué qu'ils allaient manger en équipe, pour ensuite se coucher tôt. Ils m'ont invité le lendemain vers dix heures à déjeuner au port en mangeant le poisson le plus frais qui soit, mais déchiré entre cette offre et mes plans de départ matinal, j'ai décliné.


Peu après neuf heures, hier, j'ai donc pris un train de Kushiro à Toro, à trente minutes au nord. À la station Toro, j'ai pris une photo pour le décompte du mariage de mon ami Éric. J'avais prévu tenir la pancarte en me faisant photographier par l'employé de la gare, mais la photo d'ajustement des réglages, prise alors que lui la tenait, s'est avérée bien meilleure. C'est qu'il est photogénique l'employé ferroviaire!

 Le pouceux aguerri aux pouces engourdis

Hier ne s'est donc pas déroulé aussi rondement que je l'aurais espéré, ce qui ne veut pas dire pour autant que le plaisir n'était pas au rendez-vous. J'ai pu dîner dans un sympathique restaurant en bord de rivière à Shibecha, me faire conduire jusqu'à sa station de cette ville suivant l'abandon du pouce après deux heures infructueuses à me les geler, prendre des photos dans l'un de ces miroirs convexes qui me fascinent, celui-là aux bosselures à l'effet surréel, admirer un magnifique coucher de soleil hivernal, et finalement me détendre à l'onsen, en attendant le dernier train en direction d'Abashiri.

Voyons voir à présent ce qu'aujourd'hui me réserve!


mardi 19 février 2013

Hokkaido jour 2 – Shintokushiro

Julien, nous avons réservé un billet à ton nom et serons heureux de te voir après la partie. À bientôt!

Le courriel de Rob Jarvis me fait plaisir. Ma raison d'être à Kushiro est d'assister au match opposant son équipe, le Dragon de Shanghai, aux Cranes, l'équipe locale (la grue blanche étant l'oiseau emblématique de la ville). Je les avais rencontrés, lui et deux autres joueurs canadiens, Ryan et Matthew, l'an dernier à Shanghai. Il s'agit en quelque sorte de retrouvailles.
Une bonne distance me sépare toutefois de l'aréna. Mais, Julien, comment faire pour t'y rendre à temps?, me demandez-vous en choeur, inquiétés par mon sort. Et bien, figurez-vous donc qu'il suffit de se poster, bien en évidence, le long de la route menant à sa destination, en choisissant soigneusement l'emplacement de manière à permettre aux conducteurs d'immobiliser leur véhicule sans danger, et de brandir une pancarte confirmant sa capacité à communiquer dans leur langue. J'ajouterai que les bancs de neige qui prévalent actuellement en ces lieux constituent d'excellents piédestaux pour accroître la portée de son message.

Hier matin depuis Shintoku, donc, je m'installe devant un dépanneur le long de la route nationale 38. Il fait beau, la température est confortable. Trois minutes suffisent à ma rencontre avec le premier chauffeur bienfaiteur. Parti quelques heures plus tôt d'Asahikawa, monsieur Suzuki, qui est gestionnaire de parcours de mini-putt, est en route vers une réunion à Obihiro, en plein sur ma route, à une quarantaine de kilomètres.

Après un parcours vite passé, car animé des bonnes conversations, il me dépose devant une station service de la même route nationale. Je monte sur un nouveau banc de neige, un peu plus sale celui-là car Obihiro est une ville alors que Shintoku était un petit village, et exhibe ma pancarte à nouveau. À moment donné, je lève le regard des voitures en file depuis le feu rouge et aperçois ce qui me semble Québec avec un K. Fausse alerte, j'avais affaire à un Xebec.





Au bout de peut-être vingt-cinq minutes, un conducteur entre dans l'aire de la station service et me demande où je vais. Il me confirme ensuite que lui aussi va à Kushiro. 

À nouveau, les nombreux sujets discutés font fuir le temps (il m'a d'ailleurs enseigné un jeu de mots rigolo), si bien qu'en moins de deux, je suis devant la station centrale de Kushiro. Il est alors 15h40, presque trois heures avant le début du match. Parti à 11h10 environ, j'ai donc parcouru 150 km en 4h30, pour une moyenne de près de 35 km/h. Pas mal du tout. J'ai amplement le temps de me trouver un hôtel, d'y déposer quelques trucs, et même de marcher jusqu'à l'aréna, plutôt qu'emprunter un taxi. On a vu pire dans l'histoire de ceux qui préfèrent le pouce comme moyen de locomotion.

Je traiterai de la joute en tant que telle dans une autre entrée. Le temps presse, car contrairement à hier, ce matin je compte d'abord sortir de la ville en train, les conducteurs dans les centrevilles n'allant que peu loin en grande majorité, et puisque je ne suis pas à Tokyo mais bien en région éloignée, si je manque mon train de 9h05, je devrai attendre plus de deux heures pour monter à bord du prochain. Le pouceux à l'objectif quotidien ambitieux ne peut se permettre pareil retard.

Je vous laisse toutefois avec un croquis du panneau de la rue au nom le plus long qu'il m'ait été donné de voir jusqu'ici au Japon, qui signifie littéralement Avenue du district du port sud devant la station. Joli et poétique, n'est-ce pas?



lundi 18 février 2013

Hokkaido jour 1 – La triche

Dans la cabine, on nous fait attendre. Nous sommes tout près de la porte de débarquement, mais l'avion précédant doit d'abord nous céder la place. Depuis mon siège d'allée, j'aperçois le spectacle blanc, dehors. Il neige, abondamment.

L'attente n'est pas si déplaisante, car Fumi et moi pouvons ainsi poursuivre notre conversation, amorcée quelques minutes avant l'atterrissage. Vivant en région tokyoïte, comme tant de jeunes issus d'Hokkaido et autres régions éloignées, elle est de passage pour visiter famille et amis. Sa ville d'origine, Obihiro, étant sur mon parcours projeté, nous évoquons à la blague la possibilité qu'elle m'y serve de guide.

La porte ouverte, les passagers se mettent à sortir. La vue depuis les grandes fenêtres de l'aéroport, autrement plus panoramique que depuis mon hublot, est sans équivoque. Ça tombe du ciel.

Voilà qui est de mauvaise augure pour mes grands projets de pouce sur les grands chemins!

Après avoir fait le plein de calories pour le froid qui m'attend, conçu mon écriteau Je parle japonais (日本語が話せます) avec au verso Kushiro (釧路), et inséré des sachets chauffants dans mes bottes, je sors peu après quatorze heures, à la rencontre de cette tempête, à la recherche de la route qui me mènera à bon port. Il ne s'agit pas seulement d'une expression imagée : Kushiro doit son emplacement au fait que son port reste libre de glace en hiver, un atout indéniable dans ces contrées septentrionales.

Mais où sont les trottoirs? C'est la première pensée qui me traverse l'esprit, en regardant dans la direction indiquée par le préposé au stationnement auquel j'avais demandé le chemin. Les autorités aéroportuaires n'ont apparemment pas songé qu'en hiver une personne puisse décider de sortir de l'aéroport à pied plutôt qu'en véhicule ou train. Je me mets donc à marcher en bordure de route, vers le long tunnel passant sous les pistes de l'aéroport, mais au bout d'une centaine de mètres, je dois évoluer dans un épais couvert de neige, un peu effrayé par la procession d'autocars chargés de touristes skieurs.


Tunnel, ton absence de neige me réjouit

Mes bottes s'enfoncent, ma marche est pénible. Et puisqu'il ne fait que quelques degrés sous zéro, la neige qui tombe est fondante. Je m'amuse à penser que j'aurais dû m'apporter des raquettes en babiche, et une ceinture fléchée, pourquoi pas. 

Au bout d'une quinzaine de minutes de lente progression, j'atteins un coin de rue favorable. Perché sur un congère à la hauteur du feu de circulation, je déploie ma pancarte et mon sourire. Le regard surpris de nombreux chauffeurs me confirme que je constitue un spectacle incongru, étrange épouvantail dans la neige. 

Au bout de quinze minutes, peut-être vingt, une dame m'offre de monter à bord de sa camionnette. J'accepte sur-le-champ, pratiquement sans discussion préalable quant à nos destinations respectives. J'ai l'impression qu'elle me fait signe de mettre mes bagages derrière puis de prendre place à ses côtés, mais le petit chien qui me surprend en ouvrant la portière avant me confirme que moi aussi j'étais destiné à la banquette arrière.

Elle m'indique qu'elle se rend à Sapporo, à l'opposé de ma destination. Présumant qu'elle s'y rendra par l'autoroute, à plusieurs kilomètres au nord, je lui demande si elle peut m'y déposer, juste avant la bretelle d'accès, pour me permettre de faire du pouce en direction inverse. Elle me répond qu'elle comptait plutôt emprunter de petites routes. Me voilà mal parti.


Madame Komura, gentille, mais aussi désorienté que moi

Après une quarantaine de minutes à aller dans tous les sens, je lui demande de simplement me déposer à la station la plus proche, Megumino, à partir de laquelle ma destination est désormais plus loin encore. Je devrai revenir sur mes pas, mais qu'importe. Merci madame Komura pour votre gentillesse. Vous aurez à tout jamais l'honneur d'avoir été la première personne d'Hokkaido à me cueillir sur le pouce.

 Bourrasque en pleine face par train plein d'entrain

Il ne reste que quelques heures avant la tombée du jour, alors je décide de tricher un peu en optant pour les trains locaux, plus rapides et fiables, quoique dépourvus d'aventure. Je me dis que demain, qui s'annonce dégagé, devrait mieux se dérouler. 

J'écris ces lignes depuis un sympathique ryokan de Shintoku, à mi-chemin de mon objectif, après une bonne nuit de sommeil. Il est dix heures dépassées, un beau soleil éclaire ma chambre, je suis impatient de sortir. Pancarte en main, laissez-moi marcher jusqu'à la route nationale 38, tout près, à la rencontre de gentils chauffards qui me permettront de rejoindre l'aréna de Kushiro, à cent cinquante kilomètres, avant les coups de dix-neuf heures. J'ai une joute de hockey au menu, après tout. Go Shanghai Go!

dimanche 17 février 2013

Plein nord

Enfin je m'envole pour Hokkaido, tout au nord du Japon, pour une escapade de cinq jours qui promet. Et puisqu'il s'agira de ma première expérience de pouce hivernal, le gros chandail de laine acheté hier au surplus d'armée devrait me tenir au chaud. Merci, force constabulaire de l'État allemand de Nordrhein-Westfalen!