dimanche 9 janvier 2011

Dans cette ville énorme

Dans cette ville énorme, les pigeons ne sont pas légion. J’en ai vu que deux, pas très vifs d'ailleurs.

C’est peut-être parce que dans cette ville énorme, les rues sont dépourvues de résidus, privant ces rats ailés d’une manière de s’alimenter. Il n’y a ni détritus, ni poubelles non plus (mis à part quelque rare exceptions). C’est à croire que les gens conversent leurs vieilles conserves pour les jeter à la maison, dans le respect de la tâche ordurière décrite hier.

Dans cette ville énorme, les lignes et les stations de métro semblent achalandées à toute heure de la journée. Ce qui me fait redouter le pire, c’est que deux personnes m’ont déjà dit que la ligne Den-en-toshi, celle que je devrai emprunter chaque matin pour aller à l’institut de japonais, est la plus bondée d’entre toutes. Faudra se préparer psychologiquement à un combat quotidien de tous les instants!

Dans cette ville énorme, je m’y plaît et m’y conforme.

samedi 8 janvier 2011

Tâche ordurière

La chambre dans laquelle je vis est gérée par Sakura House, une société de gestion immobilière se spécialisant dans la location aux étrangers, les gaikokujin (外国人, de , extérieur, , pays, et , personne).

Après la débâcle du bagage absent, ma première tâche a été de passer au siège social de Sakura House pour signer mon contrat de location et récupérer la clé de mon logis. On m’a alors transmis une panoplie de documents sur les divers et nombreux règlements de l’endroit :

-          Utilisation de l’extincteur d’incendie
-          Instructions quant à l’extincteur d’incendie
-          Guide de connexion à l’Internet
-          Désactivation requise du pilote du chauffe-eau aux deux semaines
-          Usage du futon
-          Réglementation quant au tabagisme
-          Impératif d’économie d’énergie (avec mention suivante : le Japon a atteint le degré d’efficacité énergétique le plus élevé du monde dans toutes les sphères des affaires. J’exige des sources fiables SVP!)
-          Inspection requise au moment de quitter
-          Règlements généraux de vie harmonieuse
-          Liste de vérification de la chambre
-          Règlements sur le bruit
-          Préavis de déménagement
-          Traduction générale d’utilisation de la télécommande de l’appareil d’air climatisé
-          Procédure de nettoyage de cet appareil

Ouf, ce n’est pas peu! La palme de la complexité revient toutefois aux directives relatives aux ordures. Non seulement leur tri n’est pas des plus simples, mais sous peu j’aurai la tâche ingrate de les sortir, tâche qui dure une semaine. Détrompez-vous, ce n’est pas aussi simple que de sortir la poubelle et le bac de recyclage (et le contenant de compost, pour les Torontois) une journée dans la semaine, oh non! Voyons voir :



Les « brûlables »
Rebuts de cuisine, copeaux de bois, tissus, filtres de cigarette, contenants en plastique, car le Japon brûle la majorité de ses déchets.
À mettre dans le gros bac blanc, avec mise en bord de route chaque mercredi et samedi.

Les « non brûlables »
Ampoules, piles, bombes aérosol, verre en feuilles.
Les premiers et troisièmes vendredis du mois.

Les « recyclables »
Les cannettes dans le bac bleu; les bouteilles de vitre dans le bac jaune; le carton, les magazines et les journaux empilés et posés devant le gros bac blanc.
Chaque lundi.

Les bouteilles de plastique
À rincer, à libérer de leur bouchon et de leur étiquette et à mettre dans le gros bac blanc (qui est décidément très polyvalent!).
Les deuxièmes et quatrièmes vendredis du mois.

Ces vidanges doivent être sorties chaque matin entre 7h00 et 8h00 (pas question de le faire avant de se coucher, oh que non!). Aux antipodes de la personne matinale, je redoute cette tâche ordurière!

vendredi 7 janvier 2011

Premières impressions nippones

14 heures vingt, heure de Montréal, 4 heures vingt du matin, heure de Tokyo. Retrouver le sommeil sera probablement pénible (si je me fie à mon expérience de voyage en 2009), alors autant en profiter pour relater mes premières impressions au pays de la levance soleillère.

Première réalité avec laquelle composer : ma grosse valise est demeurée à Chicago. Mise en contexte :

Initialement, mes vols sont avec Air Canada de Montréal à Chicago, puis avec Japan Airlines de Chicago à Tokyo.

Depuis l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau, le premier avion se remplit normalement, majoritairement de Québécois en partance vers Puerto Vallarta. Tout semble en ordre jusqu’à l’arrivée de l’avion sur le tarmac. Après plusieurs minutes d’immobilisation, au cours desquelles, à moitié endormi, je m’attends à un décollage imminent, le pilote annonce qu’un pépin mécanique le force à revenir à la porte d’embarquement en vue d’une évaluation par l’équipe technique.

Surprise!, notre porte est désormais occupée par un autre avion, qui appartient à WestJet, aux dires de notre pilote (je trouve ça d’ailleurs curieux qu’il nomme ce transporteur concurrent, comme s'il voulait en ternir la réputation. C’est la faute à WestJet si nos avions sont défaillants!).

Après de longues minutes d’attente, nous accédons à une autre porte d’embarquement. Je sais déjà que les quatre-vingts minutes d’escale ne suffiront plus. Un autre vol m’attend à Chicago. Devant l’inéluctable, je m’y fais plutôt bien, et je me surprends au passage, moi qui suis de nature impatient et impétueux. L’équipe technique étant de toute évidence incapable de régler le problème, on nous somme de quitter l’avion pour aller en prendre un autre. Les Puerto vallartiens, pour la plupart âgés, sont envoyés vers d’autres transporteurs. L’avion qui nous aéroporte vers le Midwest est donc presque vide, et c’est au pays des rêves que je consacre la quasi-intégralité de ce vol.

À l’aéroport O’Hare, le représentant Air Canada m’indique de me rendre à la porte B16, pour le vol 881 d’United Airlines vers Bangkok, avec escale à l’aéroport Narita de Tokyo. J’arriverai trois heures plus tard que prévu à Tokyo, mais le même jour, du moins. On a vu pire dans l’histoire aéronautique.

Petite parenthèse : j’ai bien failli manquer mon vol pour cause d’incompétence dudit représentant air-canadien, mais c’est un autre récit, et un peu de couraillage m’a sauvé la peau.

Le vol transpacifique se déroule sans anicroche, avec ses cycles habituels (et pas nécessairement en ordre) d’alcoolisation, d’alimentation, de sommeil, d’arrêt au puits et d’hydratation. Le passage aux douanes est également sans histoire (et donc ne passera pas à l’histoire, et ne mérite pas mention dans cette histoire).

Quelque chose cloche (il y a donc anicloche) lorsqu'au bout d'un moment je me retrouve fin seul devant le convoyeur à bagages, sans bagage. Sans ambages (et remarquez ici que ça rime avec bagage) je me résigne à passer au bureau des objets perdus (ce qui n’est pas nécessairement le nom officiel, mais ça me rappelle la petite école). Le jeune responsable, d’ailleurs fort sympathique, m’offre ses condoléances en m’apprenant la terrible nouvelle : Gustave, mon sac chéri, a posé ses pénates à Chicago, le snoreau!

Me voilà donc debout à cinq heures du mat bien sonnées, à me croiser les doigts pour le retour de Gustave aujourd’hui en fin d’après-midi. J’espère ne pas prêcher par excès d’optimisme.

En compagnie d’Alain, mon ami sur place, je suis passé à Uniqlo, sorte d’H&M nippon, pour me procurer t-shirt, bas et bobettes, dont la facture ira assurément à WestJet, la cause de tous mes maux!

jeudi 6 janvier 2011

Grand faux départ

En direct de Chicago, lieu de pas mal de couraillage

Vol retardé, je suis affamé, bonne manière de commencer mon année nippone!

mercredi 5 janvier 2011

Hybride de l'année

Chaque année, le Nouvelliste, non pas celui d'Haïti, de Suisse, et encore moins l'éponyme de Haute-Vienne mais bien le quotidien trifluvien, publie la liste de bébés de l'année, avec son habituelle ribambelle de rejetons au nom douteux.

Un d'entre eux a été nommé Samhaël, étrange mixture de sa maman, Samantha, et du paternel, Michaël.

Dieu merci mes parents Armelle et Raymond n'ont pas succombé à cette idée de génie. Raymelle ou Armond, c'est selon, et c'est atroce, qu'on le veuille ou non!

mardi 4 janvier 2011

Amère défaite pour maire de fait

Le 1er janvier 2002, Cap-de-la-Madeleine, ville où habitaient mes parents, a été fusionnée à Trois-Rivières, tout comme les municipalités de Trois-Rivières-Ouest, Saint-Louis-de-France, Sainte-Marthe-du-Cap et Pointe-du-Lac. Comptant un peu moins de 50 000 personnes dans son format pré-fusion, la ville de Trois-Rivières en recèle aujourd'hui plus de 125 000.

Je me souviens à l'époque d'une chaude lutte dans le cadre de l'élection du maire de la ville élargie. Alain Croteau, alors populaire maire de Cap-de-la-Madeleine, à qui on pressentait la victoire, s'était lancé dans la course en orchestrant une campagne agressive, voire triomphaliste.

La population l'ayant trouvé un peu trop sûr de lui, ou les Trifluviens n'ayant peut-être pas souhaité élire un vulgaire Madelinois, toujours est-il que monsieur Croteau s'était fait coiffer au fil d'arrivée par Yves Lévesque, qui est toujours en poste.

Pourquoi relater cela? En courant aujourd'hui (probablement ma dernière course avant le Japon), quelle ne fut pas ma surprise de voir la pancarte d'Alain Croteau, agent immobilier, devant une maison du Cap. De meneur de ville, le voilà vendeur de domiciles. Notons tout de même qu'il est également conseiller municipal pour le district du Sanctuaire.

Salut Alain!

lundi 3 janvier 2011

Après la pause, de retour

Quelques jours de congé un peu forcés, horaire chargé de la période des fêtes oblige

Malgré la reprise, la parution quotidienne de ce blogue sera affectée dans un avenir rapproché, horaire chargé du déménagement au Japon oblige