mardi 30 avril 2013

Kagoshima jour 1, suite : beau temps, arbre et conteneur



 Hier, après la nuit exempte de sommeil, mon ami Noriyasu habitant la ville de Kagoshima m'a fait visiter la région, du moins des coins que je n'avais pas visités à l'occasion de mon précédent passage, l'an dernier.

Il m'a notamment emmené à l'emplacement du Festival de sculpture de sable de plage de Minamisatsuma. Le lancement n'étant prévu que ce jeudi, afin de pouvoir accéder au site il m'a fallu prétendre être journaliste dépêché sur le terrain par un magazine canadien.



Nous projetions également d'aller au mont Kaimon, tout au sud de la préfecture, destination choisie au hasard avant de partir de Tokyo car il avait sollicité des suggestions. Nous avons toutefois décidé de mettre le cap au nord, vers le temple Kamou-Hachiman abritant le Kamou-no-okusu, un arbre millénaire et sacré monumental national, après que je lui eus mentionné mon affection pour ces majestueuses plantes.



Vers 16h30, nous sommes arrivés au Mommy's Café, dont la famille propriétaire m'avait accueilli pendant six jours lors de mon voyage à Kyushu à pareille date, l'an dernier. L'heure était aux retrouvailles, et ils me semblaient aussi heureux de me revoir que moi je l'étais à être de retour.

Après quelques heures à discuter et nous amuser, le scénario de l'an dernier, bien plaisant, s'est répété. Tandis qu'ils rentraient à la maison, à une trentaine de minutes en voiture du café, je suis allé me détendre et me laver à l'onsen en face, sachant que j'allais avoir l'endroit à moi seul à mon retour. 

Mon toit pour la nuit, avec façade qui attend de recevoir mon ouvrage

Bien relaxé et en vacances, je n'avais pas de quoi me plaindre. J'avais de lecture et tout le loisir de me la mettre sous la dent. Contrairement à l'an dernier, je n'avais pas besoin de monter ma tente, ni de la démonter au matin venu. En fait, je n'avais même pas de tente, car mon logis allait plutôt prendre forme d'un nouveau conteneur, version miniature de celui servant de structure à leur café, qui venaient de se faire livrer. L'une des tâches qu'on m'avait confiées s'axait d'ailleurs sur la création d'une enseigne attrayante pour la vente de glace concassée. Cela allait devoir attendre au lendemain, heureusement, il me fallait d'abord consulter le marchand de sable, peintre de bâtiment à ses heures.


Un retour qui fait plaisir

lundi 29 avril 2013

Kagoshima, jour 1 : briller par son absence

 La photo d'aéroport de service

Je sors de chez moi à toute vitesse. Pour ne pas manquer mon vol depuis l'aéroport Haneda, je dois aller prendre le train de 4h39 depuis la station Yotsuya, à une vingtaine de minutes de vélo. Le hic : il est déjà 4h21.

Comme d'habitude, j'ai surestimé le temps à ma disposition, et sous-estimé celui dont j'avais besoin, si bien que malgré la nuit blanche à faire mes bagages, régler des détails de dernière minute mais aussi perdre mon temps, alourdi par mon sac à dos je pédale à qui mieux-mieux dans les rues éclairées des premières lueurs de la journée, comme seul espoir de m'envoler vers Kagoshima.

Haletant, j'atteins la plateforme dans la station Yotsuya avec plus de trois minutes d'avance. Quel coussin! Rien ne servait de me presser! Le train s'immobilise, j'y monte et cinquante minutes plus tard, je suis au comptoir de la compagnie aérienne pour y enregistrer mon bagage.

Lorsque finalement je monte à bord et m'installe dans mon siège d'allée, le sommeil ne se fait pas prier. Je ne me réveille qu'à deux reprises pendant le vol de près de deux heures, la première fois juste au moment de me faire servir un verre de jus de pomme et d'en enchaîner un autre avant de me rendormir. Le type assis dans le siège du hublot de ma rangée devait m'épier depuis un certain moment, car aussitôt que j'entrouvre les yeux pour la seconde fois il m'implore de le laisser aller aux toilettes.

Arrivé à destination, dans les vapes je vais récupérer ma valise et prendre le bus en direction de la gare centrale de Kagoshima. À nouveau, mon sommeil n'est interrompu que par quelques brefs moments d'éveil. Finalement arrivé là où mon ami Noriyasu doit venir me cueillir, je profite de l'attente pour aller acheter un café au dépanneur d'en face. Il tombe à point, surtout que deux heures trente à roupiller dans des postures inconfortables peuvent difficilement être qualifiées de nuit de sommeil.

Malgré la fatigue, malgré la course folle, je me réjouis d'avoir quelques jours de congé, de revoir des amis, de prendre mon temps. Tiens, voilà Noriyasu qui annonce son arrivée d'un petit coup de klaxon!



samedi 27 avril 2013

Retour volcanique



Demain tôt je m'envole vers Kagoshima pour y retrouver mes amis propriétaires du Mommy's café, face à la halte routière de Tarumizu offrant une vue saisissante du volcan Sakurajima, qui fume en permanence.

L'an dernier à pareille date, ils m'avaient offert de monter ma tente à l'abri sous l'auvent rigide de leur café pour la nuit, heureusement car il avait fait tempête. J'avais fini par leur tenir compagnie pendant six jours, au cours desquels j'avais tiré grand plaisir à leur prêter main forte pour desservir les nombreux touristes de passage pour la Golden Week.

Quel plaisir en perspective cette année encore, d'autant plus que je devrais faire fureur avec les patins à roulettes d'une autre époque, tout juste dénichés!

vendredi 26 avril 2013

Café parc



Me faire un café, saisir un bouquin et aller les savourer au parc du coin. Le calme enfin revenu après la tempête, ce matin j'ai pu m'adonner à cette activité que j'affectionne.

Le parc était bien vivant. Les mères et quelques pères y jouaient avec leurs enfants, des groupes de retraités se faisaient des parties de croquet, les travailleurs du chantier de construction à proximité s'y accordaient une pause, les éducatrices de la garderie voisine y divertissaient leurs petits bouts de choux.

J'ai lu, siroté mon liquide, pesté un peu contre le vent qui m'obligeait à tenir fermement mon livre, discuté avec Shigeyuki l'ingénieur informatique venu avec sa petite fille Ayaka et rejoint peu après par sa femme.

Le café terminé, je me suis levé, suis allé rincer ma choppe dans le lavabo des toilettes, et me suis accordé une promenade dans le quartier avant de revenir chez moi, où quelques tâches m'attendaient. Il faisait beau, la semaine de folie était derrière, un calme post-tempête fort plaisant.

jeudi 25 avril 2013

Frères et sœurs



De la grande visite hier soir, celle de Nicolas et sa copine Marie-Catherine, le temps d'un repas au resto, comme évasion brève mais bienvenue à mon travail qui n'en finit plus. C'était notre première rencontre, car le lien nous unissant était par Geneviève interposée, la sœur de Nicolas et ma camarade de classe de la sixième année à secondaire cinq. Avant hier soir, il connaissait ma sœur, je connaissais la sienne, nos sœurs se connaissaient, et finalement nous nous sommes connus.

Ils étaient animés d'une curiosité allumée sur plusieurs aspects de la culture japonaise, et je crois m'être bien acquitté de mon rôle de vulgarisateur. Préalablement à leur départ de voyage, Geneviève nous avait présentés par courriel car Nicolas voulait s'assurer de l'exactitude de la petite fiche d'allergies qu'il avait fait traduire vers le japonais. Hier, nous en avons testé l'efficacité, et j'ai le plaisir de vous annoncer qu'il s'en est sorti sans aucune égratignure allergique!

Merci les amis, et à la prochaine!

lundi 22 avril 2013

Vase débordé

Je suis débordé comme rarement je l'ai été jusqu'ici. En cette saison de déclaration fiscale, phénomène annuel inévitable mais honni avec une passion à tous coups renouvelée, et comme toile de fond deux énormes contrats de traduction qui n'en finissent plus et dont l'écœurantite que je leur porte n'en n'accélère pas pour autant l'achèvement, d'alléchants débouchés professionnels se sont offerts à moi, non pas un à un mais en se bousculant et en réclamant tous mon attention sans partage.

Ces occasions sont à la fois fascinantes et pressantes. Elles me réclament sans délai et ce faisant n'ont aucun scrupule à tabasser les agréments de ma vie routinière, tels que des nuits de sommeil normales, de l'exercice occasionnel, des temps libres à savourer et des amis avec lesquels les partager, une certaine assiduité en frais de blogue.

Je suis débordé comme rarement je l'ai été jusqu'ici, et ce n'est pas tout à fait fini. Il y a tant que j'aimerais partager ici, mais vous me pardonnerez de me faire bref, car maintenant n'est pas le moment, surtout que le contrat de traduction numéro un, ce gros bébé nécessiteux, vient de se réveiller en braillant et exige que je vienne le lettrer. Je vous reviens dès que lui et son frangin auront finalement quitté le nid familial.

vendredi 19 avril 2013

Voyage bon marché

À titre de travailleur qui gagne majoritairement son pain à la pige, je n'ai pratiquement jamais bénéficié de congé avec solde. Contrairement à ceux et celles qui continuent de toucher un salaire en période de vacances, chaque périple que je m'accorde représente une interruption de mes revenus. Le coût ne me mesure donc pas qu'aux dépenses que j'y fais, mais également au manque à gagner ainsi suscité.

Ce double effet sur ma situation financière ne m'effleure que rarement l'esprit avant, pendant et après mes voyages. D'instinct et plus ou moins consciemment, je voyage selon mes moyens, sans me priver des dépenses occasionnées.

À mon retour de Shikoku, il y a quelques semaines, mon enseignante de japonais m'a demandé combien m'avait coûté mon voyage. Elle m'a semblé incrédule lorsque je lui ai répondu que j'en n'avais aucune idée, que jamais je ne comptabilisais pareille chose, et que, bien que rien ne m'empêchait de le faire, je n'en voyais pas l'utilité. J'ai ajouté que je m'étais accordé ce voyage en sachant que je pouvais me le permettre, et que cette certitude me suffisait amplement.

Voici la manière dont je résumerais succinctement cette affection des vacances à la fois nombreuses et libres de soucis monétaires :

Voyager souvent pour travailler l'esprit tranquille, travailler assez pour voyager l'esprit tranquille.