Dans visa vacances-travail, il y a vacances et il y a travail. Des vacances, qui ont duré presque quatre mois et qui ont été rendues possibles par des économies qui ne sont plus ce qu'elles étaient, je passe maintenant au travail.
Un travail jusqu'ici fascinant, celui d'instructeur d'anglais donnant surtout des leçons individuelles. Je n'ai enseigné qu'à sept personnes jusqu'à présent, mais toutes étaient uniques, avec une personnalité et des objectifs propres.
Dans les mois à venir, grâce à ce poste je rencontrerai des gens issus d'un large pan de la société japonaise. Un avenir rapproché qui s'annonce chargé. Comment pourrait-il ne pas l'être avec des cours de japonais les matins de semaine, et de l'enseignement les fins de semaine et les soirs de semaine?
Dans cet avenir rapproché et chargé, donc, je compte enseigner à des Japonais, persévérer dans mon apprentissage du japonais, et ce, en travaillant comme un Japonais.
Aux travaillants de ce monde, je dis : Japeau!
samedi 30 avril 2011
vendredi 29 avril 2011
Trad et treize
![]() |
| Le destin a voulu que mon parcours ressemble à la Grande Ourse |
Treize kilomètres de jogging dans la ville, ville d'apparence plus calme que la normale, Gōruden Wīku oblige.
Si lorsque je suis à vélo, les conducteurs sont généralement consciencieux et me laissent une certaine marge de manœuvre, c'est tout le contraire pour les piétons, face auxquels je dois faire gaffe en pleine course lorsqu'ils sont nombreux.
Quand ils ne sont pas dans la lune en regardant partout sauf où ils vont, toute leur attention est portée sur leur cellulaire ou leur jeu vidéo portatif, ou alors ils fixent le sol devant leurs pieds. Un simple jogging se transforme ainsi en course à obstacles.
Mais bon, je m'y fais. Les Japonais, quoique distraits, ont l'avantage d'être rarement obèses, donc faciles à éviter, malgré qu'une collision avec une personne enrobée serait probablement moins douloureuse qu'avec un maigrichon aux arêtes vives!
mercredi 27 avril 2011
Soir de première
J'ai donné aujourd'hui mes deux premières leçons d'anglais à vie. La première fois de toute chose, c'est toujours excitant.
L'étudiant à qui j'ai enseigné travaillait dans le domaine biogénétique et son niveau d'anglais était étonnamment élevé. D'emblée, il m'a demandé de réviser une lettre de présentation et son curriculum vitæ, en vue d'obtenir un poste dans son domaine aux États-Unis. M'étant préparé à donner ma leçon de la meilleure manière possible, sa demande inusité m'a surpris! J'ai promis d'effectuer une courte révision plus tard, et je me suis concentré sur l'essentiel : les notions à inculquer. Ça ne sera assurément pas le dernier imprévu de ma carrière d'instructeur!
Les leçons se sont globalement bien déroulées. Je ne pouvais demander mieux comme élève : disposé à parler abondamment, il m'a posé quelques questions pertinentes, et le thème du jour, la planification et la réalisation de réunions d'affaires, le touchait directement.
Les quarante minutes de chaque leçon se sont ainsi écoulées très rapidement. C'est remarquable la manière dont la perception du temps est relative. À la fin, nous avons tout de même eu l'occasion de comparer les rituels d'échange de cartes professionnelles du Japon et d'Amérique du Nord.
Au Japon, m'a-t-il expliqué, il s'agit justement beaucoup plus d'un rituel, avec son lot de lois non écrites, qu'une simple pratique. Il ne suffit pas d'accepter la carte de son interlocuteur, il faut la traiter avec respect et dignité. Il m'a ainsi raconté une anecdote savoureuse : servant d'intermédiaire entre un grand scientifique japonais et un homme d'affaires américain lors d'un dîner d'affaires, il a été mortifié de voir l'Américain commettre l'irréparable : poser son verre sur la carte de l'éminent chercheur, comme si cette dernière n'était qu'un vulgaire sous-verre. La honte!
D'aucuns m'ont déjà mentionné que l'enseignement des langues constituait une des meilleures manières de découvrir la culture d'un pays et ses habitants. Après ces premières leçons à vie, je n'ai aucune difficulté à le croire!
L'étudiant à qui j'ai enseigné travaillait dans le domaine biogénétique et son niveau d'anglais était étonnamment élevé. D'emblée, il m'a demandé de réviser une lettre de présentation et son curriculum vitæ, en vue d'obtenir un poste dans son domaine aux États-Unis. M'étant préparé à donner ma leçon de la meilleure manière possible, sa demande inusité m'a surpris! J'ai promis d'effectuer une courte révision plus tard, et je me suis concentré sur l'essentiel : les notions à inculquer. Ça ne sera assurément pas le dernier imprévu de ma carrière d'instructeur!
Les leçons se sont globalement bien déroulées. Je ne pouvais demander mieux comme élève : disposé à parler abondamment, il m'a posé quelques questions pertinentes, et le thème du jour, la planification et la réalisation de réunions d'affaires, le touchait directement.
Les quarante minutes de chaque leçon se sont ainsi écoulées très rapidement. C'est remarquable la manière dont la perception du temps est relative. À la fin, nous avons tout de même eu l'occasion de comparer les rituels d'échange de cartes professionnelles du Japon et d'Amérique du Nord.
Au Japon, m'a-t-il expliqué, il s'agit justement beaucoup plus d'un rituel, avec son lot de lois non écrites, qu'une simple pratique. Il ne suffit pas d'accepter la carte de son interlocuteur, il faut la traiter avec respect et dignité. Il m'a ainsi raconté une anecdote savoureuse : servant d'intermédiaire entre un grand scientifique japonais et un homme d'affaires américain lors d'un dîner d'affaires, il a été mortifié de voir l'Américain commettre l'irréparable : poser son verre sur la carte de l'éminent chercheur, comme si cette dernière n'était qu'un vulgaire sous-verre. La honte!
D'aucuns m'ont déjà mentionné que l'enseignement des langues constituait une des meilleures manières de découvrir la culture d'un pays et ses habitants. Après ces premières leçons à vie, je n'ai aucune difficulté à le croire!
mardi 26 avril 2011
À la charge!
Une journée bien chargée, c'est quitter son logis à 8h50 pour ne le regagner qu'à 22h15, et n'avoir pas le temps de souffler dans l'intervalle.
Une journée bien chargée, c'est apercevoir sur le coup de minuit le mardi passer au mercredi, et se rendre compte du même coup qu'on n'a pas pris, ni même eu, le temps de faire ses devoirs de japonais.
Une journée bien chargée, c'est, arrivé au moment où elle est techniquement terminée, où tout a été fait, ne pas avoir envie de se coucher tout de suite, même si on devrait.
Une journée bien chargée, c'est apercevoir sur le coup de minuit le mardi passer au mercredi, et se rendre compte du même coup qu'on n'a pas pris, ni même eu, le temps de faire ses devoirs de japonais.
Une journée bien chargée, c'est, arrivé au moment où elle est techniquement terminée, où tout a été fait, ne pas avoir envie de se coucher tout de suite, même si on devrait.
lundi 25 avril 2011
Cravaté
Demain, toute la journée, jour six et ultime de ma formation d'instructeur d'anglais, directement au centre d'enseignement qui sera mon port d'attache, dans le quartier Ueno. Il s'agit en quelque sorte du dernier grand test, avant l'inévitable et espérons pas trop pénible période de probation.
Je compte y porter une cravate noire, habituellement réservée aux funérailles par les Japonais. Reste à savoir si, en ma qualité d'étranger, j'aurai droit à une exception. Car j'aime ma cravate noire, et nul besoin d'un enterrement pour me la faire porter!
Je compte y porter une cravate noire, habituellement réservée aux funérailles par les Japonais. Reste à savoir si, en ma qualité d'étranger, j'aurai droit à une exception. Car j'aime ma cravate noire, et nul besoin d'un enterrement pour me la faire porter!
dimanche 24 avril 2011
Portrait d'adopté du Japon : René Pagé
![]() |
| M. Pagé arrosant son jardin. |
D’où viens-tu et qu’est-ce qui t’a apporté au Japon?
Je suis né à Saint-Louis-de-France. Mon père ayant été cultivateur et menuisier, j’ai hérité de ces deux passions.
Après mon secondaire, je me suis joint à Communauté des Frères de l’instruction chrétienne de Pointe-du-Lac, au sein de laquelle j’ai fait une partie de mon éducation à Cap-Rouge, près de Québec.
De là j’ai passé quatre ans aux États-Unis, en Ohio. Mes études universitaires ont eu lieu à la Walsh University, dirigée par les frères de cette même communauté.
En 1970, à l'âge de 22 ans, je me suis amené au Japon comme missionnaire.
Est-ce qu’ils t’avaient donné le choix d’y aller?
On nous avait demandé si quelqu’un souhaitait aller au Japon. Puisque ça m’intéressait, j’en avais fait la demande. C’est la raison pour laquelle j’ai fait ma formation aux États-Unis : pour me préparer à [enseigner] l’anglais.
Nous avions trois écoles au Japon. Ayant obtenu ma licence d’enseignement de l’État d’Ohio, j’ai enseigné d’abord trois ans à notre école internationale de Tokyo, desservant les étrangers habitant la capitale. Soixante nationalités étaient représentées, majoritairement des enfants d’expatriés travaillant dans les ambassades et les grandes compagnies. Cette école étant affiliée à une école américaine, je n’avais pas besoin d’être titulaire d’une licence d’enseignement japonaise pour y enseigner. Ma licence américaine suffisait.
J’ai ensuite étudié à une école de langue japonaise pendant deux ans, après quoi j’ai enseigné à une école japonaise de Yokohama. C’est là que j’ai obtenu ma licence d’enseignement japonaise, reconnue par la préfecture de Kanagawa.
J’ai enseigné à cette école pendant une vingtaine d’années. Au même titre qu’un professeur japonais, j’ai été titulaire de classe, et j’ai même eu des fonctions dans l’école.
J’ai fini par me tanner de la grosse organisation d’une grande école, de la tension que ça pouvait engendrer. Souvent j’allais me promener en campagne, et je rêvais justement de vivre en campagne japonaise.
À moment donné, j’ai décidé de voler de mes propres ailes. Je suis retourné au Canada, où j’ai essayé de me trouver un emploi.
Ce retour au Canada remonte à quand?
Ça fait 18 ans, donc vers 1993 ou 1994.
Étais-tu encore membre de ta communauté religieuse?
C’est à ce moment-là que j’ai décidé de quitter les ordres.
J’ai pensé d’abord me trouver un emploi au Canada, disons dans une organisation japonaise, pour rester en contact avec le Japon. Y ayant vécu 23 ans, je ne voulais pas y aller d'une rupture totale.
J’ai pensé d’abord me trouver un emploi au Canada, disons dans une organisation japonaise, pour rester en contact avec le Japon. Y ayant vécu 23 ans, je ne voulais pas y aller d'une rupture totale.
J’ai essayé toutes sortes d’options, mais rien n’a fonctionné. Quand Air Canada a lancé un nouveau vol pour le Japon, à l’aéroport d’Osaka, j’ai pris part à l’entrevue. Ils exigeaient la connaissance des trois langues : le japonais, l’anglais et le français. J’ai passé avec brio ce volet, mais dans les aspects techniques je ne m’en suis pas aussi bien sorti. Je n’ai donc pas obtenu l’emploi.
Comme je m’ennuyais du Japon, j’ai décidé d’y revenir, et de recommencer à zéro, cette fois-ci en tant que « civil ».
Je suis arrivé à l'aéroport Narita, et puisque je connaissais bien Yokohoma, j’ai pris le bus vers cette ville. Je me suis loué un appartement à la semaine, et sans tarder j’ai feuilleté les annonces classées à la recherche d’un emploi. Il m'a fallu une semaine pour décrocher un poste à Mito, capitale de la préfecture d’Ibaraki.
Malheureusement, je n’ai pas vraiment aimé l’endroit. C’était une petite école privée, plus une business que de l’éducation. J’avais l’impression que mon employeur était un profiteur. Même si j’y suis resté seulement deux mois, j’y ai fait de bonnes rencontres, dont une dame, amie du maire de Mito. Elle m’avait dit : « donne-moi ton CV, je vais le transmettre au maire »
Tu avais des contacts dans les hautes sphères.
Oui [rires]. Trois jours plus tard j’ai reçu l’appel du directeur d’une école secondaire, ici, à Kashima, qui cherchait un professeur d’anglais. J’ai été engagé dès le lendemain. J’y ai travaillé six ans comme professeur, au même titre que les professeurs japonais.
À un certain moment, la direction de l’école a changé et les choses se sont gâtées. J’ai donc décidé de remettre ma démission à l’âge de 53 ans, afin de partir à mon compte, de fonder ma propre école.
Un facteur qui m’a motivé à quitter cet emploi est que, sur ces entrefaites, j’ai obtenu ma résidence permanente japonaise.
C’était vers quelle année?
1997, peut-être. Dès lors, je me suis dit que j’étais libre, que je n’avais plus besoin d’avoir un employeur. [NDLR : travailler pour un employeur est une condition essentielle à l’obtention et au maintien d’un permis de travail, mais pas d’une résidence permanente. Cette dernière confère tous les droits du citoyen japonais, à l'exception du droit de vote.]
C'est ainsi que j'ai découvert que ce terrain [sur lequel la maison est maintenant bâtie] était à vendre. Je l’ai acheté et je me suis construit, après quoi j’ai ouvert mon école.
Elle existe depuis quand?
J’amorce ma onzième année. Elle a ouvert ses portes en avril 2000.
Es-tu satisfait du stade auquel tu es rendu dans la vie?
Tout ce que j’ai vécu jusqu’à présent, l’expérience que j’ai prise, a rendu le présent possible. Je suis une personne qui regarde vers l’avant. Je ne regrette absolument rien. J’ai bien aimé mes années à Yokohama et Tokyo. Elles ont été très enrichissantes, et elles ont pavé la voie à ce que je vis présentement.
C'est maintenant que j’ai le plus l’impression de rendre service à la communauté. Dans une grosse école, tes efforts sont perdus dans un ensemble, c’est plus difficile de bien rejoindre les gens. Tandis que dans une petite école comme la mienne, c’est moins machinal, tu peux rejoindre les gens, qui viennent parce qu’ils en ont envie, par choix.
De tous les emplois que j’ai occupés, c’est celui que je préfère. J’ai passé l’âge de la retraite depuis quatre ans, mais tant que les élèves vont vouloir venir, tant qu’ils vont être satisfaits, et tant que je serai en forme et que j’en tirerai du plaisir, je vais continuer à enseigner.
samedi 23 avril 2011
Cracottes
Voici un produit au nom pour le moins curieux. Il me fait penser à un mélange de carottes, de cocottes, et de... je vous laisse deviner.
S'abonner à :
Messages (Atom)


