jeudi 31 mars 2011

Savoir-faire du pouce

Hier matin j'ai décidé de me rendre à l'aquarium Churaumi, située à environ 80 kilomètres au nord. Le bus coûtant trop cher à mon goût, c'est sur le pouce que j'y suis allé comme dans le temps.


Ma pancarte indique Je peux parler japonais! J'avais en fait commis une faute de débutant, dont je me suis rendu compte après un certain temps. C'est la particule possessive を qu'il fallait mettre au lieu de la particule de sujet は. Je l'ai corrigée au stylo, mais le mal était fait.

Trois personnes m'ont permis de me rendre à bon aquarium. Un instructeur de plongée, une mère de famille conduisant une camionnette de distribution alimentaire, et un pêcheur portant fièrement la coupe Longueuil. Ce dernier m'a même déposé directement devant l'entrée de l'aquarium. Merci pêcheur de m'apporter aux poissons!



Cette petite journée de pouce n'était en rien comparable aux cinq semaines de grande aventure sur les routes de France alors que j'avais dix-neuf ans, où ma pancarte, l'attrape-Français par excellence, indiquait Je suis Québécois. Tout de même, cette petite journée m'a rappelé que ce mode de transport permet de rencontrer des gens de divers horizons, dont on pourrait difficilement faire la connaissance autrement.

Expérience à répéter ailleurs au Japon. Expérience à répéter dès maintenant, car je dois retourner à Naha, la capitale, en vue de la fièvre du vendredi du soir...

mercredi 30 mars 2011

Son temps

Prendre son temps en voyage, c'est entrer dans un parc, parce qu'on l'a vu sur la carte, et s'y assoupir doucement, la tête posée sur son sac, le visage baigné par le soleil faiblissant de fin d'après-midi.

mardi 29 mars 2011

Les hasards de la vie

Je me lève en fin d'avant-midi sans trop savoir que faire de ma peau. C'est la première journée chaude et ensoleillée depuis plus d'une semaine. Je décide d'aller me louer un vélo, pour au moins profiter d'une brise en me baladant.

Le responsable de l'office de tourisme m'indique la boutique la plus proche. Je m'y rends et y entre. L'unique employé me demande d'attendre tandis qu'il ajuste les bicyclettes d'un couple, et qu'il pose le siège d'enfant sur l'une d'entre elles, dans lequel prendra place leur gamine.

Je ne sais pas si c'est la chaleur qui m'oppresse, ou si j'ai la mèche courte doublée de bougeotte, mais au bout d'à peine cinq minutes, je me lève de ma chaise et sans mot dire je sors de l'endroit. C'est à croire que je vais marcher aujourd'hui.

J'arrive à la hauteur du port, où j'observe un traversier en train de se faire décharger. Ça me fait sourire de voir tous ces matelots qui fourmillent à sortir les marchandises du ventre de la bête, tandis que le capitaine, ce vieux loup de mer, les supervise placidement.


Dans tout ça, je me rends compte que je ne sais pas trop où aller, et je commence à regretter de ne pas avoir été patient à la boutique de vélo. Devant une librairie, je m'arrête pour feuilleter des mangas usagés à 50 yen.

Soudain, j'entends konnichiwa! derrière moi. Je me retourne et aperçois en voiture de location Akane et Naomi, deux filles de Tokyo avec lesquelles j'avais discuté le jour précédent au château Shujiro. Elles s'apprêtent à visiter divers lieux de l'île. Elles m'invitent, où peut-être que je m'invite, et je monte à bord de leur bagnole rose, en vue d'une journée non prévue mais ô combien plaisante à me faire conduire et à voir du pays. Quel heureux hasard!

La Naomi

lundi 28 mars 2011

Un bon chrétien


 En ce jour de mon anniversaire, je suis allé visiter le château Shujiro, probablement le plus connu de l'île d'Okinawa.

Je me disais que j'aurais bien apprécié la présence d'un autre bon Canadien français en cette journée spéciale. Voilà-ti pas que j'aperçois Jean Chrétien sur une photo du centre d'interprétation. Il a visité le château dans le cadre du Sommet Kyushu-Okinawa du G8, tenu en 2000. Non seulement un bon Canayen, mais un p'tit gars de Shawinigan, tout comme moi. Merci Jean, ça m'a réjoui de te voir la bette!


Ce soir, pour célébrer, je compte retourner à un bar baptisé Rehab. J'y étais allé le soir précédent, intrigué par le nom de l'établissement et par son l'écriteau indiquant "Need a drink? Come to the third floor, it's worth the climb!". Le bar appartiendrait à un Canadien anglais, mais paraît-il qu'un Québécois habitant Okinawa s'y rend régulièrement. Qui sait, après un ti-Jean, pourquoi pas un bon Jack?

dimanche 27 mars 2011

Parti vite


 Minuit et neuf, tiens donc, j’ai vingt-sept ans depuis neuf minutes.

Je me lève dimanche midi, magané de la veille, car le samedi soir c’est le gros soir, avec l’envie soudaine de quitter Ishigaki. J’y ai passé six jours, et j’estime que ça suffit, que j’ai fait le tour. À moi maintenant Okinawa.

Je fais mon sac, je rends la clé à la tenancière, qui heureusement ne m’impose aucune pénalité pour mon check out en retard, puis je me dirige vers le terminus d’autobus, juste en face.

Il doit être 13h10 à ce moment-là, et j’espère pouvoir prendre le prochain vol vers Okinawa, à 14h30.

C’est sans compter le bus qui roule excessivement lentement sur un parcours vers l’aéroport plus long que prévu. Je perds progressivement espoir de prendre le vol prévu, et me résigne à devoir prendre le suivant, à 15h30.

Le bus me dépose à l’aéroport vers 14h05. Je me rends au comptoir d’ANA, la compagnie aérienne qui dessert Ishigaki, et demande un billet pour le prochain vol vers Okinawa. L’employée, grande et jolie, ne semble pas tout à fait Japonaise. Je lui demande et elle m’indique que sa mère est une Japonaise de Chiba, et que son père est un anglophone de Montréal, tandis qu’elle est née à Tokyo. C’était comme converser avec ma propre fille, si un jour j’en venais à marier une Japonaise et qu’ensemble nous faisions des enfants.

Mon billet en main, je franchis la porte d’embarquement et on me demande de marcher directement vers l'avion, qui m’attend sur le tarmac. C’est finalement le vol de 14h30 que je prendrai!

Je n’ai jamais transité si rapidement dans un aéroport. Entre le moment d’y mettre les pieds et le décollage de mon avion, à peine 25 minutes se sont écoulées. Si seulement ça pouvait toujours être si rapide!

J’écris le présent récit depuis ma chambre d’un hôtel miteux de Naha, la principale ville de l’île d’Okinawa. La serviette de douche qu’on m’a donnée arbore une vieille tache de café, mais ce n’est pas grave, car j’aime le café.

Demain commence l’exploration de cette île aux nombreuses bases militaires américaines, D’ici là, quelques photographies d’Ishigaki, pour votre plaisir oculaire.

Toujous prêt

Pont bleu sous un ciel bleu

Loin loin

J'aime m'entourer de mannequins

Brillante réflexion

Ce visiteur venu d'Osaka est passé dans le journal local,
à se la jouer derrière de jeunes filles en plein salut hitlérien...

Téléphone pleurnichard

Je sais pas si ce singe est un capucin, mais j'aimerais qu'il le soit.
Alors dans mon monde, c'est un capucin.


samedi 26 mars 2011

Gorge sèche



Rude séance de jogging punitif en après-midi, pour avoir abusé d'awamori la veille. J'aurais couru en matinée si je ne m'étais pas levé à midi et demi.

Déjà passablement déshydraté en début de course, la soif est devenu presque insoutenable sur le chemin de retour. J'ai ainsi décidé momentanément d'arrêter au premier magasin rencontré. Il s'agissait d'un centre de distribution d'eau potable. Ça tombait bien!

Au Japon on craint rarement pour sa sécurité, et les vols sont presque inexistants. J'en ai eu une autre preuve hier tard : je buvais cet awamori maudit dans un petit débit de boisson, lorsque le propriétaire du café Internet est entré pour m'avertir qu'il avait trouvé mon appareil photo, et que je pourrai aller le récupérer le lendemain. Je ne m'étais même pas rendu compte à ce moment-là que je l'avais oublié! Je me demande si, poussé par le sens du devoir, il m'a cherché longtemps...

Ceci n'est pas un cigare, mais de la cane à sucre,
à mâcher pour en extraire la sève, délicieuse.

vendredi 25 mars 2011

Chute meurtrière

Au café Internet où depuis maintenant deux jours je fais des contrats de traduction en début de soirée (il faut bien mettre du sushi sur la table, après tout), je suis tombé sur cet avertissement, collé sur la porte des toilettes.


Dans notre monde où les écriteaux sont peuplés de personnages souriants et bienveillants nous mettant joyeusement en garde contre une multitude de dangers, cette honnêteté est rafraîchissante. C'est vrai que la marche est imposante, et nul doute que le pauvre type nonchalant est promis à une mort certaine en tombant de celle-ci, non sans crier « Oh my God! » alors même que ses yeux se transforment en macabres X, signe immanquable que la mort le gagne avant même de toucher le sol...